Jean-François Meiller est né aux Granges de Montregard en Haute-Loire, en 1811. C’est un homme dont on ne connait aucune image. Il a laissé un cahier de poésies et de textes, écrits en langue d’oc, son « patois », dans une graphie originale. Prêtre, il a exercé son sacerdoce en Dordogne, mais passait ses vacances dans son pays natal, jusqu’à s’en imprégner pour écrire des histoires rimées, qui furent d’abord contées.

L’auteur des Poésies patoises est une légende : pas de fête à Montregard sans qu’on y déclame un poème de Jean-François Meiller.
Jean-Yves Rideau ne s’est pas contenté de traduire cet écrivain, « Il sait trouver la juste image qui résonne encore aujourd’hui dans ce pays » (Jacky Rocher).
L’occitan de Meiller est celui du nord-est de la Haute-Loire, de l’aire des parlers vivaro-alpins. Chaque texte est reproduit dans une graphie normalisée et adaptée, accompagné d’une traduction littéraire de Jean-Yves Rideau.
« De la vèlha polkà » lo darrier torn vengut,
Se redreissèran tots sans ètre merfonduts
Ni tortuts ; més non pas sans arrosar la mota
De l’aiga que dau front tombava a gròssa gota.
L’òm puòt pas tot aveir, la micha, lo bacon,
Anèi burre e fromatge e deman sarasson.
Bian sovent lo bonur n’ei pas de bona mena.
Quand de « La vieille polka » le dernier tour fut accompli,
Ils se redressèrent tous sans être éreintés
Ni tordus ; mais non pas sans arroser le gazon
De l’eau qui à grosses gouttes leur tombait du front.
On ne peut tout avoir, le pain blanc, le lard,
Aujourd’hui beurre et fromage, et demain sarasson.
Bien souvent le bonheur n’est pas de bonne qualité.